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C’est le jour du crash-test pour la voiture, on a 100 km de goudron puis plus rien jusqu’à la fin de la carretera ! Mais d’abord courses dans le dernier supermarché, et on en profite pour faire vérifier la valve. On va à Pirelli, ils nous disent d’aller à une Gomeria, ils ne font pas ça ici… ça ne serait pas arrivé chez Michelin ! On va donc dans une gomeria, on tombe sur un mec sympa. On essaie de lui expliquer le problème, il sort la roue. On pense qu’il n’a pas compris… si c’est juste nous qui ne savons pas qu’il faut sortir le pneu pour changer la valve…

On finit par partir (tard), et on attaque notre grande route. Le début est assez joli, on suit la route qui mène à l’aéroport et à l’Argentine donc pas mal de monde. Mais on se met derrière un camion Copec, qui va devenir le fil rouge de notre voyage !

15 km avant l’aéroport, je double le camion Copec, et on s’enfonce dans la suite de la carretera avec une route « à chaussée dégradée sur 17 km ». Ce qui est bien ici, c’est que même le goudron nécessite une attention toute particulière pour ne pas exploser ta voiture dans un trou… Je roule donc assez (trop lentement), ce qui m’oblige lors d’une montée où je n’ai pas la puissance, de laisser passer mon pote Copec…

On arrive alors au parc naturel Cerro Castillo. Et là, je roule encore doucement. non pas à cause de l’état de la route, mais à cause des paysages superbes, et de la chance de croiser un huemule, un cervidé de 40 cm de haut ! On suit une petite rivière, bien dégagée et entourée de fleurs, dont l’eau peu profonde s’écoule sur des galets donnant un aspect de minuscules cascades tout du long, qui s’écoule au milieu d’arbres et d’herbes très vertes ainsi que de montagnes multicolores. On dirai presque que c’est artificiel ! Je dépasse Copec arrêté sur le bord de la route.

On sort du parc, un peu triste, surtout qu’on a pas vus d’huemule, mais avant la descente vers Villa Cerro Castillo, on s’arrête vers un panorama incroyable sur la plaine qui nous attend.

Finalement on s’arrête à Villa Cerro Castillo, dernier bastion avant le retour du ripio. Pour se donner du courage, on mange au restaurant. Bon mais pas ultra recherché, par contre superbe vue !

À ce moment, petit doute. Est-ce bien raisonnable de partir à 16 h. Perso, je me demande si c’est raisonnable peu importe l’heure mais ce n’est pas le débat. On demande au serveur combien de temps il faut pour aller à Puerto Rio Tranquillo. Il répond 2h ou 2h30 en fonction de comment on roule. On est rassuré, et on par finir les 10 derniers kilomètres de goudrons.

Et puis ça y est, le retour du ripio, mais celui-ci n’a pas de fin… Elena se lance, assez sereine pour le moment, on tente 40 km/h, la voiture grince, tremble un peu, mais ça passe. C’est à ce moment qu’on l’aperçoit, tranquille, serein, Immobile sur le bord de la route, un panneau indiquant qu’il y a des travaux sur les 17 prochains kilomètres… aie…

Bon pour le moment ça va. Et puis on prend une descente très raide, qui vibre beaucoup, la voiture a un peu glissé. Mais on est en descente, donc tranquille. Puis je dis « Ah mais va falloir la faire dans l’autre sens celle-là… ». Elena me regarde terrifiée… Bon, problème pour dans 5 jours. On continue.

Retour au plat, mais pas le plat d’avant descente, le même genre qu’après Puyuhuapi, plein de bosses et de trous… Elena sens qu’elle ne peut pas tenir les 40 km/h, et ralenti. Ça vibre trop… On se dit que 100 km comme ça ce ne serait pas possible, surtout que l’étape d’après ça sera 200 km ! Mais je dis que c’est surement dû aux travaux. Donc j’encourage pour continuer. On fait en tout 8 km sur les 17 des travaux, Elena me refait part de son inquiétude (on a inversé les rôles sur qui a la moins envie de faire la route !).

À ce moment, je propose de s’arrêter demander à une voiture en face si la route s’améliore. Elena est sceptique mais on exécute le plan. On s’arrête, on attend (assez peu) une voiture en face. Je fais des grands gestes, elle s’arrête. C’était un assez gros pick-up. Je vais voir la conductrice, prend mon téléphone, et lis la traduction que j’avais cherchée : « La carretera mejora después? ». Elle me regarde comme si elle n’avait rien capté. « English please ? ». Ah ouf merci. Je demande donc si la route s’améliore après. Soudain, je vois ses yeux s’écarquiller, et je lis un mélange de peur et traumatisme dans son visage. « This… This is good ! »… Ah… Ben merci, et nous la décision est prise de faire marche arrière….

On rebrousse chemin, mais on a oublié un truc, la grande descente, s’est transformée en montée… On décide de mettre toutes les chances de notre côté. On s’arrête un peu avant, on déplace les sacs des sièges arrière à sous mes pieds, et les valises du coffre aux sièges arrière. On met le max de poids devant. Et c’est parti, on se lance à toute vitesse, on sait que si on s’arrête, pas sûr qu’on reparte…

La voiture tremble énormément, on est secoués dans tous les sens, on entend par trois fois la voiture taper, mais on avance. Soudain, un énorme trou dans la chaussée, Elena ralenti (aie), passe l’obstacle, change de vitesse, on perd de la puissance.. ouf c’est bon la voiture repart !!! On arrive finalement à la fin de la montée, et après quelques minutes sur le ripio en bon état, on retrouve le goudron, soulagés, puis Villa Cerro Castillo.

On se remet de nos émotions, mais il est tard et on ne sait pas où dormir. Ni quoi faire en fait. En n’allant pas à Puerto Rio Tranquillo, on ne peut pas faire la cathédrale de marbre qui était dans le top 3 des choses à faire dans la carretera… On cherche des alternatives. On peut soit prendre un tour qui part de Coyhaique, et pousser encore 2h de route pour dormir là-bas. Soit prendre le même tour et demander à ce qu’ils nous prenne à Villa Cerro Castillo (sur leur chemin). Soit on prend le bus qui part le lendemain et revient le surlendemain, en laissant nos grosses valises ici.

Les tours ne répondant pas, on choisit la dernière option. Et on cherche où dormir. Tout le monde dit qu’il y a aucun problème à trouver un logement en arrivant en ville et demandant ou appelant. Donc première cabanas, complète. Deuxième, complète, troisième, complète… Impossible de réserver en ville….

Finalement on trouve un logement sur AirBnb un peu hors de la ville. On y va, et l’endroit est incroyable. Plusieurs petites cabanes dans un petit champ avec une vue sublime sur le Cerro Castillo et la plaine. Il y a des animaux, dont deux chiens adorables. L’endroit est vraiment calme et on s’y sent vraiment bien. ça nous attriste de devoir passer une nuit dehors.

Finalement, les tours répondent, aucun problème pour venir nous chercher ici. Prochaines places dispos, le surlendemain. Parfait, on se fait rembourser (plus ou moins) le bus, et on part se reposer de cette longue journée….

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One Reply to “Jour 20”

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