Le guide vient nous chercher à 7h30 pour aller visiter la vallée Arcoiris (Arc-en-ciel). On a choisi un guide car la route peut être difficile (elle traverse notamment une rivière à gué), mais aussi car on a lu que la visite était bien mieux avec des explications ! Le site se situe à 3200m et on passe par 3500m, ce qui est une bonne étape intermédiaire avant d’attaquer les 4300m prévus demain.
Pour y aller, on refait le même chemin que pour venir de Calama sur 40km avant de tourner pour s’enfoncer vers le nord. On dort un peu, mais Elena est réveillée par l’altitude. On regarde, on est à 3500m, et on se rend compte qu’on était déjà à cette altitude l’avant veille ! Ce qui explique le léger mal de tête à ce moment…
Sur la route, on traverse de grandes pleines de moins en moins désertes au fur et à mesure de la montée. On croise aussi quelques guanacos sauvages, mais notre guide nous dit qu’on en verra bien plus. Juste avant d’arriver, les guanacos laissent place aux lamas domestiques.
Après 1h30 de route, on passe l’entrée du parc solidement protégé par un… plot de signalisation… et on arrive à notre première destination : la rivière sèche. Le guide a donné beaucoup d’explication sur la géologie du lieu. Malheureusement il parlait très vite, sur un sujet qu’on ne maitrise pas ni Elena ni moi, en alternant anglais et espagnol, ce qui n’aide pas pour suivre…
Mais globalement, la vallée d’Arcoiris se situe au niveau d’une faille. La roche a remonté, et je crois s’est étiré ce qui l’a fragilisé. Les pluies assez violentes, survenant une fois par an, ont creusé petit à petit cette roche fragilisée pour laisser apparaitre à la surface des minéraux normalement présents entre 3000m et 5000m sous la surface ! On trouve donc des éléments provenant d’éruptions de surface (soufre), mais aussi sous-marines (pas compris le nom), ou de magmas piégés sous terre (roche plutonique).
Notre premier arrêt est donc la rivière sèche avec la cascade sèche. Nous sommes au milieu du canyon d’argile facilement creusé par l’eau des pluies. On devine facilement où l’eau s’écoule en temps de pluie, et donc actuellement sans eau (d’où leur nom).


Puis on rejoint les autres tours pour le très mérité… petit-déjeuner ! Malheureusement pas en présence des Lamas parties après les mêmes pas 10 min qu’on a mis à visiter….

Ensuite le guide nous propose de se balader tranquillement pendant qu’il range. Il nous demande de rester bien sur le sentier ! C’est donc naturellement que 15 min plus tard, nous avons perdu de vue une mère et sa fille que le guide (ravi) a dû aller chercher derrière une colline loin de la route….


Pour terminer la visite, nous allons faire une petite balade dans le cœur de la vallée d’Arcoiris. Mais d’abord, petit arrêt dans le lit asséché d’une rivière pour nous parler de plantes. Le guide, pour nous montrer, se permet d’en ramasser quelques-unes car la rivière sera inondée dans quelques jours / semaines, et les entrainera donc avec elle.
Il nous montre tout d’abord la Rica-Rica, une plante que l’on peut utiliser en infusion (contre les problèmes de digestion) ou pour cuisiner. Les plantes femelles ont une odeur assez douce, comme un mélange de citron et de thym, mais le mâle est plus amer. Il nous parle ensuite d’une plante utilisée comme Viagra. Puis d’un cactus dont le fruit est gorgé d’eau et de sel, faisant office de boisson énergisante du désert. Enfin il nous montre un autre cactus en haut d’une colline, qui fait pas loin de 3m de haut, et dont l’espèce pousse de 5cm par an ! Ce qui lui donne donc un age d’environ… 600 ans !


On s’enfonce ensuite dans la vallée à proprement parler. Et là, c’est vraiment sublime… On comprend d’où elle tire son nom d’arc-en-ciel, car il y a des roches de toutes les couleurs qui se côtoient ! Il y a du rouge, du jaune, du gris, du blanc, du vert… le tout sous le ciel bleu azur ! Ce qui est étonnant aussi, c’est que les roches ne se mélangent pas trop, du coup c’est souvent des collines entières qui sont d’une seule couleur ! Par contre, les nuances sont assez subtiles, donc ne vous attendez pas à voir des verts ou jaunes ultras flashy, et de toute façon le téléphone ne leur rend pas toujours hommage…


Petite pause dans le long panorama, pour parler encore minéraux. J’ai parlé de roches plutoniques plus tôt (nic). Elle provient de magma qui est resté bloqué dans la croute terrestre et qui n’a jamais atteint la surface. Il s’est donc refroidi extrêmement lentement, sur des dizaines de milliers d’années. Plus le refroidissement est lent, plus on voit apparaitre des cristaux. Plus il est rapide, plus la roche est homogène… à moins que… ce ne soit l’inverse… On n’est pas sûrs d’avoir bien compris ! Si on a un géologue qui lit le blog et qui a la réponse… En tout cas le refroidissement lent intéresse grandement les compagnies minières qui se sont installées dans la région pour cette raison !

Bon, après cette pause science, on peut reprendre notre ballade multicolore !






La visite est terminée. C’était vraiment incroyable de voir toutes ces formes et ces couleurs se côtoyer. Et en effet le guide nous a vraiment permis de mieux comprendre la géologie du lieu, même si on aurait aimé qu’il prennent un peu plus son temps sur les explications !
Mais la journée n’est pas finie. On va terminer le tour par un détour aux Yerbas Buenas, où l’on peut voir des pétroglyphes ! C’est donc parti pour prendre la route, traverser la rivière à gué, croiser un troupeau de lamas, voir un canyon d’en haut car on a de l’avance sur le planning, et arriver à notre destination.

Les Yerbas Buenas étaient un point stratégique pour les peuples qui vivaient là d’il y a quelques milliers d’années à nos jours. Il est situé dans et autour d’une zone rocheuse extrêmement friable. Ce qui fait que les hommes y ont gravé des pétroglyphes qui ont traversé le temps pendant près de 3000 ans !… Enfin ça c’est ce que dit le discours officiel du guide… Mais lui nous dit officieusement que, la roche étant extrêmement friable, c’est peu probable que ça ait tenu aussi longtemps. D’ailleurs, si un dessin est blanc à l’intérieur, et avec une bordure entre la roche et la gravure pointue, c’est qu’il n’est pas si vieux… Mais bon il doit nous faire la visite, donc il va la faire.


Après avoir vu quelques dessins sur le rocher, on descend au lieu où étaient gardés les petits. On le sait car on y trouve des gravures à hauteur d’enfant.

Puis on visite le coin où l’on surveillait le troupeau, le tout à l’abri des prédateurs. C’est à ce moment que je vois une fille toucher tous les pétroglyphes… C’est aussi elle qui est sorti du sentier lors de la balade… Je sais juste pas quoi dire tellement je suis sidéré qu’on pense même à faire ça…



Et enfin, on arrive au lieu où étaient racontées les histoires. Le cinéma de l’époque. Un grand mur remplit de dessins.

Le site était sympa mais sans plus, surtout après la claque prise à la vallée d’Arcoiris. Le sentiment est un peu le même que lors de la grotte visitée après Torres Del Paine. On voit un truc incroyable avant, et le site archéologique à côté fait pale figure.
Finalement, on rentre à San Pedro. Sur le chemin, on recroise des Guanacos et des lamas !
Le guide nous dépose en plein centre. On se dit qu’on va tester le resto fermé uniquement la veille pour maintenance…. Toujours fermé… Bon on va acheter des légumes puis notre pain dans la boulangerie française, et on va déjeuner à la maison.
On se repose l’après-midi, puis on organise (avec difficulté) la journée de demain. On hésite sur plusieurs choses. D’un est-ce que partir seuls à 4300m d’altitude c’est raisonnable, et de deux est-ce qu’on ne veut pas plutôt faire le tour guidé prévu dans 1 semaine. En effet, on nous a informé la veille à l’agence que « normalement il pleut énormément tous les ans exactement à cette période car c’est l’hiver Bolivien »… Nous qui avions passé du temps à se renseigner sur le climat, on n’a jamais vu personne mentionner ça… Et en effet la météo ne semble pas être incroyable dans quelques jours…
Finalement, on reste sur le plan initial, puis on passe 1h à comprendre comment marche l’achat de billet. Alors c’est simple… Il y a deux sites à visiter. Les deux sont à 40 min intervalle. On choisit quel site on veut visiter en premier, et l’heure d’arrivée sur ce dernier que l’on doit absolument respecter. Pour le deuxième c’est libre. Il faut absolument faire les sites dans l’ordre choisi au moment de l’achat. 1h avant d’accéder au premier site, il faut se présenter à l’accueil dans une ville situé à 30 min ou 1h (en fonction du premier site choisit), afin de s’enregistrer. Si n’importe laquelle de ces instructions n’est pas respecté, on ne sera pas accepté… Vous avez tout compris ?
Bon, nous non plus, mais on a nos billets, et on doit être à la ville pour s’enregistrer à 10h. Et c’est à un peu plus d’1h de route. Donc on va se coucher pas trop tard !
Lieux visités :
Prévu demain :
- Piedras Rojas
- Lagunas Miscanti y Miñiques